mercredi 4 mai 2011

La santé mentale a besoin d'air!

Article du 4 mai 2011- Editions l'Avenir - Pascale SERRET



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La santé mentale reste trop stigmatisée chez nous. Il faut sortir des clichés et des automatismes. Un texte est prêt. Il sera voté ce mercredi.
Dans la «vie civile», ce député wallon est psychologue et directeur de PMS. Marc Elsen (député cdH) ne découvre pas les soins de santé mentale. Mais il fait le constat : la Wallonie, et la Belgique tout entière, ne manquent certes pas de lits psychiatriques, mais il y a peu d’alternatives en terme de prise en charge. Il a vu les chiffres : en Belgique, «une personne sur quatre, âgée de plus de 15 ans, présente un mal-être psychologique et un peu plus de la moitié d’entre elles (13 % de la population) manifestent une affection mentale assez sérieuse».
Il se fait que les troubles dépressifs risquent bien de passer de la 4e à la 2e cause de maladie et d’incapacité d’ici 2020 dans le monde.
«Pourtant, notre société n’est pas encore prête à considérer les problèmes de santé mentale comme une réalité courante, à laquelle chacun peut être confronté. La souffrance psychique est encore mal acceptée», observe-t-il.
Marc Elsen en est convaincu : tout cela passe par une lutte contre la stigmatisation de ces souffrances, mais aussi par une forme d’autonomie du patient, dans un système qui laisserait place au sur-mesure et à l’implication des patients eux-mêmes. C’est tout l’appareil qui a besoin de souplesse, puisque la santé mentale renvoie aussi bien à l’ado mal dans sa peau qu’au salarié en plein burn-out ou à la crise brutale, suicidaire ou carrément meurtrière.
Marc Elsen présente une proposition de résolution, qui sera votée ce mercredi au Parlement wallon. Les trois autres partis (PS, MR et Écolo) l’ont d’ores et déjà rejoint.
Le texte demande notamment au gouvernement wallon (avec l’aide du Fédéral et de la Communauté) de construire une politique de soins de santé mentale «patient inclus», de rendre les soins accessibles financièrement, de travailler au plus près du milieu de vie du patient (assouplir les passages hôpital/domicile, entre autres), de rendre le patient actif dans sa démarche de soins, de diversifier l’offre, d’assurer la continuité dans le suivi des patients, d’aller au-delà du «psy» en intégrant les aspects biologiques et sociaux…
Bref, un travail colossal.

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